De plus en plus pratiquée, la marche nordique sur sable permet de bien travailler sa technique, notamment ses appuis bâtons. Que l’on marche sur du sable dur ou mou, il y a la même exigence d’exercer une forte poussée sur ses bâtons. Avec aussi le plaisir de marcher pieds nus au bord de l’eau. Témoignages de pratiquants enthousiastes.

Des compétitions sur plages
La marche nordique sur des plages de sable est de plus en plus en vogue, y compris en compétition. Témoin La Normandique, une épreuve compétition et loisir qui a eu lieu le 25 juin dernier sur les plages de Deauville, Tourgéville, Bénerville/Mer, Blonville/Mer et Villers sur Mer. Ou encore la Nordique des sables, une nouvelle manifestation lancée le 19 mars dernier par le club FFA Lunel Athlétisme et les Rotary Club de Montpellier-Etang de l’Or et de la Grande-Motte et Carnon et une Virée Nordique loisir de 6 km.
Plus de 150 compétiteurs étaient au rendez-vous avec des champions reconnus du sud qui ont gagné cette compétition : Christophe Rey du club NWA Côte Bleue et Sandrine Talbotier de La Marche Nordique Castries. « Marcher sur une plage avec du sable dur est exigeant, car cela oblige à faire un vrai planté de bâtons, explique Sandrine Talbotier. On s’applique à faire le bon geste avec un bon déroulé du pied tout en faisant attention au terrain qui n’est pas toujours régulier (petits monticules de sable) », poursuit-elle.

L’exigence du sable
Cette même exigence est soulignée par d’autres marcheurs qui aiment pratiquer régulièrement sur le sable. C’est ainsi le cas de Nicole Cornu, ancienne animatrice du club de Gérard Bernabé Marche Nordique Atout Santé Sénart venue s’installer en Bretagne pour sa retraite. « Marcher sur le sable dur nous fait plus travailler, car on s’enfonce légèrement sur le sable humide et on doit exercer plus de poussée », déclare-t-elle.
Même constat pour Pierre Mallet, basé à Reims, qui est à la fois compétiteur (club FFA Chaumont 52) et animateur bénévole au sein de son club ASA Tinqueux, qui dépend de la FFRandonnée. « En marchant sur du sable tassé, on est obligé de plus pousser et de faire un bon déroulé du pied pour la propulsion », souligne-t-il. Quant au sable mou, il permet de faire travailler sur une courte durée le cardio et les cuisses.
Pierre Mallet a ainsi mis en place pour ses groupes un circuit de 800 m dans une ancienne sablière près de Reims. De son côté, la coach Béatrice Ranchon, créatrice de la méthode BeNordic Spirit, aime utiliser une dune de sable située près de Bollène pour un exercice cardio avec 3 montées successives de 100 m sur des pentes à 30 degrés.
Le plaisir de marcher pieds nus
Mais pour tous les marcheurs interviewés pour cet article, les avis sont unanimes : le plus grand plaisir reste de marcher pieds nus sur la plage.
« J’ai besoin de marcher pieds nus sur de longues distances, c’est pourquoi quand je suis toute seule, je n’hésite pas à aller de criques en criques pour parcourir une vingtaine de km sur le front de mer entre Guidel et Fort-Bloqué » (Plœmeur), déclare Nicole Cornu. « Je marche même pieds nus sur de petites portions du sentier littoral entre deux plages, c’est extraordinaire ».
Même ressenti de plénitude pour Pierre Mallet : « on a le sentiment d’être libre et on garde le contact direct de notre corps avec le sol et les éléments naturels », souligne-t-il.
Pour Sandrine Talbotier, l’expérience est plus limitée : « j’ai marché pour le première fois pieds nus sur une plage alors que j’étais aux Championnats européens de Grosseto en mai 2022, déclare-t-elle. C’est le bonheur total ! ». Sandrine avait malgré tout pris ses précautions en s’assurant auparavant qu’il n’y avait pas de coquillages et elle avait mis des embouts au bout de ses bâtons pour être sûre de ne pas se blesser ! Autre précaution à prendre : mettre des guêtres pour éviter que les grains de sable ne pénètrent dans les chaussures.
Texte : Isabelle Verdier, fondatrice du site Pratique Marche Nordique et de la newsletter Nordic News – En savoir + : https://pratique-marche-nordique.fr/
À lire sur papier
Cet article est à retrouver au n°33 de Marche Nordique Magazine